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Lorsque je me penche sur ma formation, je ne peux que constater à quel point mon modèle de l'hypnose a été masculin. Parmi tous les enseignements que j'ai écoutés, Eric Scemama, Jean Godin, Olivier Perrot, Jean-Marc Benhaïem, François Roustang, Eric Bonvin, Thierry Melchior, que le grand cric me croque, mais où sont les femmes ?
Dès le début, au temps du magnétisme animal, ce sont les hommes qui ont magnétisé les femmes ; maintenues dans l'ignorance et dans la soumission, leur rôle de sujet était déjà tout désigné, et rares étaient celles qui auraient pu prétendre à y jouer en tant qu'acteur. Déjà en 1785, Mlle de La Favrye le reprochait à Mesmer en ces termes : "Un tort bien plus réél & que je vous pardonnerai beaucoup moins, c'est d'avoir exclus les femmes de votre initiation"; et d'avouer, un peu plus loin "Comme j'ai magnétisé longtemps" … Transgression ?.
Deux cents et quelques années plus tard, que se passe-t-il lorsque l'on tape "hypnose femmes" dans la fenêtre d'un moteur de recherche comme Google ? En dehors des publicités pour un parfum, on découvre un hypnotiseur spécialisé dans l'orgasme féminin, des cours d'accouchement sans douleur, des documents audio orientés vers la soumission sexuelle des mâles. Ne serait-ce donc que cela l'hypnose au féminin ? Heureusement Teresa Robles et Joëlle Mignot, Marie-Elisabeth Faymonville chacune à leur manière et brillamment, m'ont montré la voie d'une pratique féminine de l'hypnose, pleinement assumée.
Finalement, est-ce si important d'être une femme lorsqu'on pratique l'hypnose ? L'impact du genre se situe bien sûr au niveau du patient qui va choisir préférentiellement ou faute de mieux une femme pour l'aider à trouver une solution à ses problèmes, au niveau du praticien qui va s'investir à sa façon dans l'aide apportée à son client, et dans la qualité du lien qui va se construire entre les deux au fil de l'évolution de la thérapie.
Quelle représentation peut avoir de son thérapeute féminin le candidat à une hypnothérapie ? A SUIVRE
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